Essayer Vetements Royaumes Renaissants

Un immeuble exceptionnel art nouveau dans un quartier en effervescence.

Situé dans l’un des quartiers les plus fréquentés de Paris, le centre Spaces Réaumur offre plus de 4.500 mètres carrés d’espaces de travail entièrement équipés destinés aux entrepreneurs, de la start-up à la grande entreprise à la recherche d’une adresse à la fois prestigieuse et pratique.

Le bâtiment est un fleuron du style Art Nouveau datant de 1904. Il a été rafraîchi et aménagé afin de répondre aux besoins des actifs du 21° siècle. Spaces Réaumur occupe les 7 étages du bâtiment et offre un vaste choix de bureaux privatifs et d’espaces de travail partagés. En plus d’être un espace de travail idéal, doté de 5 salles de réunion, Spaces Réaumur propose à ses membres un accès à des cours de sport, des douches, mais aussi un espace détente, un Corner café avec un barista et une offre continue de boissons et de plats chauds et froids équilibrés.

Le bâtiment est facilement accessible par 4 lignes de métro et 6 lignes de bus. Le quartier comprend de nombreux restaurants, magasins et boutiques de vêtements ainsi que le célèbre marché de Montorgueil qui se trouve à quelques minutes à pied.

Charlemagne, du latin Carolus Magnusalias Charles Ier dit le Grand. 

Par convention, cet article parlera le plus souvent de Charlemagne.

Dès Pépin de Herstal, maire du palais de 

Son oeuvre gigantesque justifie l’admiration qu’elle soulève jusqu’à nos jours. On voyait hier en Charlemagne le restaurateur de l’Empire romain en Occident, on voit aujourd’hui en lui le père de l’Europe. Sa figure est familière des Européens de l’Ouest. Qui ne connaît aujourd’hui « l’inventeur de l’école »? 

La biographie de Charlemagne par Jean Favier reste une référence ! À noter, la vie de Charlemagne par Éginhard a été récemment rééditée. Cliquez ici pour vous la procurer et la lire !


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La jeunesse de Charlemagne

Charlemagne est né Charles en 742 (voire 747 ou 748), dans l’Oise ou dans l’Aisne, fils aîné de Pépin III, dit Pépin le Bref, et de Berthe, fille de Charibert, comte de Laon.

L’historien Robert Folz suppose que son instruction, à l’image de celle de tous les laïcs, fut négligée. Mais on ne peut exclure que son père l’ait formé au gouvernement des hommes.

 

La donation de Pépin

Le 28 juillet 754, le pape Étienne II vient sacrer Pépin à Saint-Denis. Charles, ainsi que Carloman, reçoivent aussi l’onction du souverain pontife. Par ce sacre, Étienne II reconnaît l’avènement des Carolingiens et la relégation de Childéric III, dernier des Mérovingiens, dans un couvent.

Dans cet échange de bons procédés, la nouvelle dynastie carolingienne prend Rome sous sa protection.

La papauté produit alors un document apocryphe, la donation de Pépin, dans lequel ce dernier se serait engagé à créer les États pontificaux. Ce n’est pas la seule tentative de la papauté d’affirmer son autonomie par rapport au pouvoir temporel, comme en témoigne la fameuse donation de Constantin.

 

Le partage du royaume entre Charlemagne et Carloman

Le royaume de Charlemagne en rouge ; le royaume de Carloman en bleu : le duché de Bavière en bleu cyan ; le territoire des Saxons en vert ; le royaume des Lombards en marron ; les royaumes Avars en jaune | Source

Les Mérovingiens, suivant la coutume des Francs, partageaient leurs royaumes entre leurs fils. À sa mort en septembre 768, Pépin ne déroge pas à la règle.

Le 9 octobre, les deux frères sont couronnés à Noyon.

  • Charles reçoit l’Austrasie avec ses dépendances germaniques (Frise occidentale, Hesse, Franconie, Thuringe), la majeure partie de la Neustrie et l’Aquitaine.
  • Carloman reçoit, quant à lui, la Provence, la Bourgogne, la partie sud de la Neustrie, la Septimanie et la Souabe.

Leurs résidences sont proches l’une de l’autre : Charles réside à Noyon, Carloman à Soissons.

 

La mésentente de Charlemagne et Carloman

Les deux frères sont rivaux. Entre eux, nulle entente. Les efforts de Berthe, leur mère, échouent à les réconcilier. Pire, elle aggrave le conflit : en mariant Charles à une fille de Didier, le roi des Lombards, Berthes isole Carloman.

En 769, Charlemagne achève la conquête de l’Aquitaine, sans l’aide de son frère pourtant sollicité. 

 

La mort de Carloman

Coup du sort : Carloman meurt jeune, en 771. Il n’y aura pas de guerre fratricide.

Charles répudie sa femme et s’impose sur les terres de son frère défunt. Le voilà à la tête de toute la Francie !

Ce royaume, il ne cessera de le faire s’agrandir. Le royaume des Francs entre en effet dans une phase de dilatation, dilatatio regni.

 


Charlemagne, grand conquérant

Dès 772 commence le grand conflit avec les Saxons. Ces derniers, païens, ne cessent d’attaquer et de piller les confins du royaume des Francs. Les premières campagnes de Charlemagne sont donc des campagnes de représailles.

 

Charlemagne, roi des Lombards

Mais en 773, une nouvelle menace, encore plus urgente, se profile. Le roi des Lombards, Didier, menace le pape Hadrien (r. 772-795). Ce dernier appelle Charlemagne au secours.

Pour le roi des Francs, c’est une belle occasion d’imposer son règne en Italie, mais aussi d’écarter définitivement la menace que représentait la présence des fils de Carloman à la cour lombarde. 

Après avoir franchi les Alpes, Charlemagne s’empare de Pavie après un long siège, soumet son adversaire et se proclame, en 774, roi des Lombards. L’Italie du nord est franque, ce qui n’empêcha pas l’envoi de trois autres expéditions en 776, 780 et 786.

Cette victoire une fois acquise, Charlemagne se retourne contre ses grands ennemis : les Saxons !

 

La guerre de Charlemagne contre les Saxons

La guerre est longue, mais les premiers succès arrivent : plusieurs chefs promettent de se soumettre et de se faire baptiser. La Diète de Paderborn, en 777, pose les premières bases de l’Église de Saxe.

Mais les Saxons ne se laissent pas abattre si facilement ! Widukind organise la résistance saxonne.

Charlemagne se livre alors à des actes cruels : en 782, 4500 saxons sont massacrés à Verden. Trois ans plus tard, en 785 Widukind dépose les armes. Le chef saxon reçoit le baptême à Attigny.

En 793, les Saxons se révoltent de nouveau. La rébellion est terrible : elle dure 4 ans, voire 9 ans dans certaines régions.

Pour supprimer tout risque d’un soulèvement, les Saxons sont déportés dans tout l’Empire.

 

Charlemagne en Espagne contre les Maures

Bataille de Roncevaux en 778. Mort de Roland, dans les Grandes chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet, Tours, v. 1455–1460 | Wikimédia Commons

L’Espagne est, pour rappel, presque entièrement sous domination musulmane. Il n’empêche, la realpolitik demeure : en 778, certains chefs arabes font appel à Charlemagne contre l’émir de Cordoue.

Charlemagne est-il animé par le rêve de réinstaller la Chrétienté en Espagne islamique ? Peut-être. Ce qui est sûr, c’est qu’il franchit les Pyrénées. Il prend Pampelune. Mais Saragosse lui résiste. Il doit reculer.

Charlemagne fait rentrer son armée en Francie par le col de Roncevaux. Mais, malheur ! Le 15 août 778, le comte de la marche de Bretagne, Roland, est massacré par des montagnards vascons avec toute l’arrière-garde de l’armée. Ce célèbre épisode est rapporté par la non moins fameuse Chanson de Roland, datée du XIIème siècle.

Charlemagne tire les leçons de son échec espagnol. L’Ibérie est trop éloignée des bases de son pouvoir militaire. Il manque d’alliés. L’Est, la Saxe, paraît être un terrain plus favorable pour dilater l’Empire. Le but n’est plus de se prémunir des représailles, mais de conquérir le pays entier et d’y faire triompher le christianisme.

 

Frise, Bavière et Bénévent

La Frise orientale est annexée à l’État franc. C’est ensuite au tour de la Bavière, commandée par Tassilo. En 787, Augsbourg est prise. Après un deuxième soulèvement, Tassilo est soumis. Il se fait moine, la Bavière est annexée.

Charlemagne commence dès alors à organiser son royaume. En 781, l’Italie lombarde et l’Aquitaine, deux provinces aux particularismes marqués, deviennent des royaumes subordonnés. Il place à leur tête ses deux fils, Pépin et Louis.

Au duché de Bénévent, il impose au duc Arigis la reconnaissance de la suprématie francque.

 

Succès de Charlemagne contre les Avars

Victoire de Charlemagne contre les Avars, Albrecht Altdorfers, 1518 | Wikimédia Commons

Entre 791 et 796, trois campagnes victorieuses contre les Avars, établis en Hongrie actuelle, permettent à Charlemagne d’annexer de nouveaux territoires, entre l’Enns et le Wienerwald. Le chef des Avars, Toudam, reçoit le baptême à Aix-la-Chapelle. Les principautés avars, au-delà de cette région, deviennent vassales des Francs.

Dernières entreprises notables, les îles Baléares sont prises en 799 et Barcelone est occupée en 801.

 

L’empire de Charlemagne est fait !

Aux environs de 800, la période de conquête de Charlemagne est terminée. L’Empire carolingien est fait.

Il recouvre la majeure partie de l’Europe chrétienne, de la mer du Nord à l’Adrique, de l’Elbre à l’Èbre.

 


Le sacre impérial de Charlemagne

Chroniques de France ou de Saint-Denis, vol. 1, second quart du XIVème siècle. | Wikimédia Commons

Maître d’un royaume gigantesque, Charlemagne se sent légitime à accéder à une dignité supérieure.

Premier signe de cette volonté, Charlemagne imite les signes du pouvoir de Byzance. Il renonce à l’itinérance de ses prédécesseurs et se choisit une capitale où il fait bâtir sa résidence, le palais et la chapelle d’Aix-la-Chapelle, qui devaient être des répliques de ceux de Constantinople. Le trône reproduit celui de Salomon, le plan octogonal de la chapelle palatine préfigure celui de la Jérusalem nouvelle.

 

25 décembre 800 : couronnement impérial de Charlemagne

Le pape Léon III (r. 795 – 816) est proche de Charlemagne dont la protection lui est essentielle. En effet, Léon III est menacé par l’aristocratie romaine qui fomente des émeutes.

Charlemagne profite de l’opportunité pour intervenir sur les territoires du pape et défendre Léon III. L’Empire byzantin est, lui, englué dans des conflits internes. La querelle des iconoclastes et le scandale lié à l’avènement d’une femme à la tête de l’État (Irène) détournent momentanément son attention de Rome.

Tel Pépin le Bref son père, Charlemagne se pose en protecteur de l’Église.

Le 23 décembre 800, à Rome, une assemblée émet le voeu que Charlemagne prît le titre d’empereur. Le 25, jour de Noël, Léon III lui apposa la couronne.

Le pape effectue ensuite la proskynèse devant le nouvel empereur. En d’autres mots, il se prosterne devant lui. Cependant, le pape, entendant placer le pouvoir spirituel à la source du pouvoir temporel, couronne Charlemagne avant que l’assemblée ne l’acclame.

La présence de deux ambassadeurs du patriarche de Jérusalem, l’un du mont des Oliviers, de rite latin, l’autre du monastère de Mar Saba, de rite grec, donne une portée universelle à l’événement. C’est un symbole : toute la Chrétienté est virtuellement présente lorsque Charlemagne devient empereur.  

 

La donation de Constantin

La papauté, si elle entérine l’élévation de Charlemagne à la dignité d’empereur, n’entend pas pour autant se subordonner à lui. Pour assurer son indépendance, elle élabore ce qui devient l’un des plus fameux faux de l’histoire : la donation de Constantin, Costitutum Constantini. 

Dans ce document, Constantin quitte Rome par respect pour le pape. Surtout, Constantin aurait donné au pape les provinces occidentales et aurait fait de lui un individu semblable à l’empereur. Comment ?  En lui attribuant certains insignes, des vêtements d’apparat, un diadème, le phrygium, haut bonnet blanc pointu devenant la tiare, le manteau de pourpre, le globe et l’aigle.

Par ce faux, la papauté incite les dirigeants à modeler leur conduite sur celle de Constantin. À Latran, palais des papes d’alors, une mosaïque représente Constantin investi par le Christ et le roi des Francs investi par Saint Pierre, le premier pape. La domination politique trouve donc sa source dans l’Église. La papauté affirme se séparer de Byzance et se place à la source du pouvoir temporel en Occident.

 

Charlemagne insatisfait de son sacre

Selon Éginhard, biographe de l’empereur, le rôle joué par Léon III dans le sacre, ainsi que l’évocation des Romains à la place des Francs auraient mécontenté Charlemagne.

Mis devant le fait accompli par le pape, Charlemagne ajuste sa position.

Il change notamment sa titulature impériale. Charlemagne se dit donc « Auguste, empereur grand et pacifique » tout en précisant avoir été couronné « par Dieu » et gouvernant car « roi des Francs et des Lombards ». L’intercession du pape ne légitime donc pas son pouvoir.

En outre, Charlemagne abandonne même la dénomination romaine, peut-être pour apaiser les relations avec Byzance lors de la paix qu’il conclut avec elle. L’Empire byzantin se considère comme l’Empire romain toujours vivant. Les Byzantins se nomment eux-mêmes Romains. 

Enfin, en 813, c’est Charlemagne lui-même qui appose le diadème sur la tête de son fils Louis, sans le concours d’aucun ecclésiastique.




Le gouvernement de Charlemagne sur son Empire

Vitrail conservé au Musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg | Wikimédia Commons

Les historiens français du XIXème siècle ne sont pas tendres avec Charlemagne. Pour Michelet, Charlemagne était un dangereux utopiste, un illuminé dont l’objectif illusoire était de régner sur toutes les terres chrétiennes. Pour Augustin Thierry, on ne pouvait régner à cette époque que par la terreur et le pillage. 

La réalité diffère grandement de ces jugements sévères. Charlemagne parvient à régner sur un espace de plus d’1 millions de km2 et peuplé de millions d’habitants de cultures différentes. Qu’est-ce qui a rendu possible ce règne ? Comment Charlemagne gouvernait-il ? 

 

Légitimer la dynastie carolingienne : vassalité et christianisme

Le premier souci de Charlemagne est de renforcer sa légitimité à gouverner les Francs. En effet, son père, Pépin le Bref, a renversé à son profit une dynastie qui avait régné près de 200 ans : les Mérovingiens.

Les ducs et potentats locaux ont cherché à profiter de la mort de Pépin pour reprendre leur autonomie. La suprématie carolingienne n’est pas installée. Il faut pour Charlemagne associer les élites locales à son règne.

Deux vecteurs soutiennent cette entreprise : la vassalité, qui bénéficie des conquêtes, et l’idée, puissante, de participer à la création d’un Empire chrétien. 

 

Le développement de la vassalité

La guerre et la vassalité vont se révéler des outils redoutables pour légitimer la domination carolingienne. La guerre permet de nouvelles conquêtes. Ceux qui y participent peuvent espérer récupérer leur part du butin. Les meilleurs guerriers se font un nom, acquièrent des terres ou obtiennent une charge intéressante.

Guerres et redistributions permettent d’assurer la fidélité des troupes. Charlemagne mobilise l’ost presque chaque printemps de son règne. 

 

L’Empereur à Aix-la-Chapelle

Résidant dans le palais d’Aix-la-Chapelle, Charlemagne renonce à l’itinérance de ses prédécesseurs. Il n’est plus présent sur les terres sous son autorité. Tels les anciens empereurs romains, ou les empereurs de Byzance, il s’y fait représenter par des comtes qui forment un réseau administratif de près de 700 circonscriptions.

Les plus puissants des laïcs forment autour de Charlemagne les « champs de mai », des assemblées qui doivent préparer les opérations militaires, mais aussi délibérer des affaires les plus importantes pour l’Empire.

 

L’Empire de Charlemagne, un Empire chrétien

Si les armes restent le moteur principal de légitimation du pouvoir carolingien, la puissance de ces armes se met en branle au profit de l’établissement du royaume du Christ.

L’Empire que Charlemagne veut bâtir cherche à s’inscrire dans la continuité de celui de Constantin, le premier empereur chrétien, et de Théodose.

La mission religieuse de l’empereur devient semblable à celle du Christ. Ses conquêtes, et l’évangélisation qui suit, ouvrent de nouveaux peuples au salut. L’unification religieuse devient d’ailleurs pour les clercs la seule unité qui vaille : Charlemagne soumet et christianise, pour étendre le règne d’une Église unie. L’Empire est en quelques sortes le bras armé de l’Église. 

 

La réforme de la justice

Charlemagne se veut le grand ordonnateur d’un Empire qui prépare son peuple au salut. La justice est donc une fonction fondamentale du souverain dans la perspective d’organiser une société chrétienne, reflet d’un ordre et d’une justice supérieurs.

Vers 780, Charlemagne promulgue une grande réforme de la justice. Elle réduit le nombre de tenues de cours judiciaires à trois par an. Les hommes libres, qui devaient assister à ces assises que le comte présidait dans sa circonscription, voient leur charge réduite.

Cette réforme donne aussi naissance à un corps de juges spécialisés, les échevins. Ces derniers proposent la sentence, les comtes doivent l’appliquer. La mise en application réelle de cette réforme semble être une tâche difficile pour Charlemagne. En témoignent les multiples rappels à l’ordre adressés aux échevins dans les capitulaires

Charlemagne réhabilite une procédure de droit romain disparue à l’époque mérovingienne : la procédure inquisitoire. Un juge peut se saisir lui-même d’un délit, enquêter, instruire et, le cas échéant, punir. Le juge caroligien devient lui aussi l’agent de la volonté divine de justice. Sous les Mérovingiens, seule la procédure accusatoire existait. Dans ce dernier système, pour que condamnation il y ait, il faut accusation. C’est une simple justice de compensation, plus empirique. Certains crimes pouvaient rester impunis.

 

L’Église, ciment de l’Empire de Charlemagne

L’oratoire carolingien de Germigny-des-Prés, l’une des plus anciennes églises de France, rare exemple du style architectural carolingien | Tourisme Loiret

Véritable Christ en mission, Charlemagne s’appuie sur l’Église pour soutenir la structure de son État. Les évêques et les abbés prennent part active à l’administration. Les terres de leurs églises et les hommes qu’elles comptent sont sous leur adminsitration. Évêques et comtes se surveillent dans les cités. Charlemagne organise, en outre, l’évangélisation des régions conquises.

Les bâtiments de culte se multiplient. La basilique de Saint-Denis est agrandie, l’oratoire de Germingny-des-Prés est érigé. Ces Églises rappelaient toutes la présence de Charlemagne, grand ordonnateur d’un Empire chrétien. Les laudes royales, placent Charlemagne au premier rang des mortels : le Christ, Marie, les archanges et toute l’armée divine le soutiennent. Le souverain apparaît comme l’image vivante du Christ.

À partir de Charlemagne d’ailleurs, le roi s’intitule gratia Dei rex (roi par la grâce de Dieu).

 

Charlemagne, un législateur

Charlemagne règne sur une multiplicité de peuples dont les moeurs et les coutumes divergent. Cette diversité s’accroît avec les nouvelles conquêtes.

Pour affirmer sa suprématie, Charlemagne fait mettre à l’écrit des les règles juridiques de chaque peuple. Il en devient donc le garant. Ainsi, les lois des Chamaves, des Frisons, des Thuringiens et des Saxons sont mises en forme à l’écrit. Les Francs ne sont pas oubliés puisque leur loi, la loi salique, est réécrite.

Par les capitulaires, Charlemagne légifère pour tout l’Empire. Ce sont les normes les plus importantes. Les capitulaires sont des des textes composés de chapitres différents, d’où leur nom. Elles abordent des questions juridiques, de morale, elles évoquent les décisions du pouvoir central et ses règlements.

Par la célèbre capitulaire De villis (des grands domaines), Charlemagne expose en 70 chapitres un programme de développement pour la gestion de la production agricole des domaines royaux. Il faut dire, une grande famile a frappé à l’hiver 792-793.

On compile aussi le droit romain, droit de référence pour un État qui s’inscrit dans la continuité de l’Empire romain.

 

Le complot de Pépin le bossu

Charlemagne (à gauche) et Pépin le Bossu (à droite). Copie réalisée au Xe siècle d’un manuscrit original des annales de Fulda datant d’entre 829 et 836 pour Évrard de Frioul | Wikimédia Commons

Pépin le Bossu, fils de Charlemagne, sert de tête d’affiche à un soulèvement contre Charlemagne à l’hiver 792-793. C’est un échec, Pépin devient moine.

L’échec de cet épisode dit bien la légitimité acquise par la nouvelle dynastie. La politique de légitimation des Carolingiens par Charlemagne semble être très tôt un succès.

 

L’Empire carolingien, un État faible ?

La thèse de l’historien belge François Louis Ganshorf (1895 – 1980), selon laquelle Charlemagne n’avait pas les moyens de construire un État centralisé et efficace, a longtemps fait autorité.

La vassalité, un des moteurs du règne, aurait favorisé le morcèlement du pouvoir au profit de potentats locaux. Ces derniers auraient contrecarré la volonté de Charlemagne d’imposer un ordre impérial. En outre, il aurait manqué à Charlemagne des fonctionnaires bien formés et lettrés.

Des historiens, comme Bruno Dumézil, remettent en cause cette vision : l’administration romaine aurait survécu sous différentes formes jusqu’au IXème siècle !

Malgré ces débats, il semble avéré que les capitulaires de Charlemagne n’étaient, le plus souvent, pas suivies de réalisations concrètes.

 

Les missi dominici

Que tout le peuple sache que les missi ont été établis pour que quiconque n’aura pu, par la négligence ou l’incurie du comte, se faire rendre justice, qu’il puisse d’emblée leur déférer son affaire et obtenir d’eux justice.

Ainsi Louis le Pieux, héritier de Charlemagne, définit-il le rôle des missi dominici.

Charlemagne crée l’institution des missi dominici, ses représentants directs chargés de faire respecter la volonté du pouvoir central. Ce sont des comtes ou des évêques “envoyés” par Charlemagne pour une mission spécifique. Leurs attributions varient selon le contexte.

Bien que représentants directs de l’autorité de Charlemagne, ces hommes sont choisis parmi les hommes les plus puissants de la région d’administration. Le pouvoir ne pouvait donc se passer de la collaboration de l’aristocratie locale.

 

Les voies de communication dans l’Empire de Charlemagne

Les voies de communication font l’objet de toute l’attention du pouvoir carolingien. Elle sont essentielles pour contrôler cet immense empire.

Ainsi, les anciennes voies romaines sont entretenues. Ponts, canaux et relais ne sont pas en reste. 

À l’est du Rhin, là où l’Empire romain n’avait pénétré que peu profondément, on entreprend un travail de création de routes.

En Saxe, un dispositif original est inventé : les hommes libres doivent ravitailler les messages. En échange, ils peuvent exploiter des terres fiscales. Cet échange de bons procédés a marqué les esprits : le latin paraveredus, cheval de poste, est devenu Pferd en allemand, et palefroi en français.

 

La défense de l’empire carolingien : les marches

Pour défendre ses frontières terrestres, Charlemagne crée le système des marches. Ces fiefs sont des territoires frontaliers à vocation défensive. Ils sont placés sous l’autorité d’un comte de la marche (marchio, Markgraf ou marquis). Le rôle du marquis est essentiel : administrer des populations encore mal soumises.

Ainsi, les marches correspondent aux pays nouvellement conquis. La marche saxonne englobe la Nordalbingie pour faire face aux Danois. Une autre marche fait face aux Avars, de l’est de la Bavière au Wienerwald.

Des marches peuvent se superposer à des comtats plus ordinaires. Cette option peut s’avérer nécessaire quand certaines populations turbulentes se trouvent à proximité. Le marquis s’occupe donc de la défense du territoire. La marche de Bretagne, par exemple, entre Rennes, Nantes et Angers, doit contenir les Bretons d’Armorique, susceptibles de soulèvement. Sur la même idée, une marche de Toulouse est créée.

L’État franc est cependant vulnérable sur les facades maritimes. Charlemagne prescrit de fortifier les littoraux de la mer du Nord et de la Manche contre les raids danois, premières alertes du futur péril normand.

 

La lettre et le diplôme

Charlemagne communique par la lettre et le diplôme. Le diplôme, par la présence du sceau et du monogramme, répresente clairement l’autorité impériale, facilement reconnaissable. Les lettres, rapides à copier et à produire, lues à haute voix, diffusent virtuellement la présence de l’empereur dans tout l’Empire.

 

La monnaie

Denier impérial en argent de Charlemagne, inspiré des modèles romains. Au droit, le profil imberbe, le front ceint de lauriers, et l’inscription « KAROLUS IMP[ERATOR] AUG[USTUS] » | Wikimédia Commons

Les monnaies, pour frapper les esprits, sont simples : pas d’iconographie complexe, uniquement le nom de Charlemagne ou son initiale,  puis les initiales de son titre, Roi des Francs (Rex Francorum). Ces pièces, produites en millions d’exemplaires, diffusent toutes un message simple : Charles est le roi des Francs.

 

Les écrits

Des chroniques du règne de Charlemagne sont produites dans la même idée. Comme le montre l’historien autrichien Helmut Reimitz, les Annales du royaume des Francs réaffirment en permanence la royauté de Charles. Ces textes sont prononcés dans les monastères, mais aussi au sein des cours des les élites locales.

Le moine Paul Diacre, dans les Gestes des évêques de Metz, donne une illustre ascendance aux Carolingiens : les Troyens. La dynastie mérovingienne est passée sous silence.


Charlemagne et le monde extérieur

Les conquêtes de Charlemagne font de l’empereur un acteur majeur et prestigieux de son temps. Ses relations avec les souverains anglais, comme Offa de Mercie, sont attestées. Autre exemple du prestige de son règne : en 798, Alphonse II de Galice vint à l’Empereur et lui proposa de lutter contre l’islam.

 

L’ambassade de Charlemagne auprès de Haroun ar-Rachid, Julius Köckert, 1864 | Wikimédia Commons

C’est une des dimensions les plus impressionnantes de l’histoire de la diplomatie carolingienne : les bonnes relations qui s’instaurent entre l’Empire carolingien et le califat abbasside de Haroun ar-Rachid. Pourtant, elles n’ont rien de naturel : le projet impérial est profondément chrétien. 

Charlemagne et Haroun ar-Rachid ont en effet le même ennemi : l’émirat omeyyade de Cordoue. Pour Charlemagne, c’est une menace et une borne pour son Empire. Pour Haroun ar-Rachid, c’est une dangereuse survivance de l’ancienne dynastie Omeyyade, renversée par les Abbassides auxquels il appartient.

 

Abbul Abbas, l’éléphant de Charlemagne

L’éléphant (le fou), pièce de l’échiquier de Charlemagne | Wikimédia Commons

Ainsi, en 797, une ambassade carolingienne composée de Lantfried, Sigismond et le Juif Isaac part pour Bagdad afin de demander un éléphant pour la ménagerie de Charlemagne.

Cette ambassade revient en 801, avec le Juif Isaac seul et, surtout, avec l’éléphant de Charlemagne : Abul Abbas. Celui-ci le suivra jusqu’à la mort.  Il apporte aussi un horloge à roue et surtout les clés du Saint-Sépulcre. C’est ce dernier présent qui est le plus important. 

 

L’activisme du patriarche de Jérusalem

Il faut cependant relativiser la portée de ces relations. Elles s’expliquent surtout par l’activisme du patriarche de Jérusalem, Georgios, alors soumis à Haroun ar-Rachid. 

Georgios, isolé, cherche de nouvelles ressources financières. Sous pouvoir musulman depuis 638, son patriarcat est loin de la protection de Byzance. Bien que protégés par le statut de la dhimma en échange du paiement d’un impôt, nombre de chrétiens sont spoliés et les conversions se multiplient.

Peut-être en accord avec Haroun ar-Rachid, il envoie, avant même le retour de l’ambassade carolingienne, un moine en ambassade auprès de Charlemagne pour lui livrer les reliques du Saint-Sépulcre. En échange, Charlemagne envoie Zacharie, avec des présents pour les lieux saints.

 

Le renforcement de la légitimité chrétienne de Charlemagne

Georgios obtient donc un financement carolingien. Charlemagne, lui, profite du prestige du Saint-Siège de Jérusalem. Il fonde un monastère et un hôpital pour les Pèlerins en Palestine. Cette relation renforce sa prétention à gouverneur des chrétiens.

Surtout, Charlemagne peut se poser en véritable concurrent de l’Empire byzantin. Il ne peut pas y avoir deux empires chrétiens, et celui de Charlemagne ne jouit pas de la même légitimité que celui de Constantinople. Ce dernier est en effet le véritable héritier de l’Empire romain.

Mais lorsque Charlemagne est sacré empereur en 800, deux ambassadeurs venus du patriarcat de Jérusalem sont alors présents. Ces deux ambassadeurs sont deux moines, l’un du mont des Oliviers, de rite latin, l’autre du monastère de Saint-Sabas, de rite grec. La présence de ces deux moines donne une portée universelle au sacre impérial de Charlemagne ! Toutes les églises sont ainsi les témoins virtuels de cet avènement.

 

Un bilan négatif pour les chrétiens d’Orient

Ces relations renforcent la légitimité de Charlemagne. Elles sont assez importantes pour qu’Éginhard parle en ces termes de l’ambassade de 802 – 806 :

Non content d’acquiescer à toutes les demandes qu’ils [les envoyés de Charlemagne] lui présentaient, il [ar-Rachid] consentit à placer sous le pouvoir de Charles le lieu sacré et salutaire et fit accompagner les envoyés francs sur le chemin du retour par une ambassade chargée pour leur souverain de présents considérables – tissus, aromates et autres richesses des pays d’Orient.

Une deuxième ambassade est envoyée en 807. Mais nulle source arabe n’en atteste. Du côté abbasside, ces échanges diplomatiques ne semble pas revêtir la même importance que pour Charlemagne. La situation des chrétiens d’Orient ne s’améliore pas de manière durable. À la mort d’Haroun ar-Rachid, de nouveaux troubles éclatent à Jérusalem.

 

Charlemagne et l’Empire byzantin

Des clercs plaident contre les icônes devant l’empereur byzantin | Wikimédia Commons

Avec l’Empire byzantin, les rapports sont plus complexes. En 781, il est question d’un mariage entre Rothrude, une des filles de Charlemagne, et l’empereur Constantin VI. Lorsque Charlemagne lorgne sur l’Italie du sud, les rapports se dégradent. Pour Byzance, cette région ressortait de son influence exclusive. Conséquence : Irène, l’impératrice-régente, n’invite pas l’Église franque au IIème concile œcuménique de Nicée en 787.

Charlemagne s’immisce dans la querelle des images qui secoue Byzance. LesLibri Carolinicondamnent la politique religieuse des Byzantins et veulent répondre « au synode qui s’est tenu dans les régions de la Grèce et dont le but est d’adorer stupidement les images ».

Les Libri Carolini poursuivent l’offensive contre l’Empire byzantin. C’est l’occasion pour l’Empire de Charlemagne de s’affirmer comme le seul Empire à même de mener le peuple élu, c’est-à-dire le peuple chrétien où qu’il habite, vers son salut. Le pouvoir byzantin est un concurrent à éliminer. Ainsi, ils déligitiment le concile sur la base qu’Irène est une femme. Or une femme ne pourait prendre des décisions pour l’ensemble du monde chrétien !

Finalement, en 797, Irène fait la paix avec Charlemagne. Le chroniqueur Théophane rapporte même le projet d’union entre Irène et Charlemagne. Ce mariage, s’il avait eu lieu, aurait réuni l’Empire romain. Mais Irène est renversée en 802.

 


La « Renaissance carolingienne »

Le règne de Charlemagne est une période faste pour la peinture. Évangiles d’Aix-la-Chapelle, folio 13r : saint Jean (école du palais d’Aix, vers 810) | Wikimédia Commons

Charlemagne donne une impulsion énergique au développement des arts et des lettres. Cette impulsion est si forte, que certains historiens ont pu parler de « Renaissance carolingienne » : ainsi, le règne des Carolingiens serait un temps de savoirs et de lumières, contrastant avec celui des Mérovingiens, plus sombre. 

L’historien Michel Sot parle lui de de politique de la culture.

C’est en effet une politique, toute tournée vers un objectif clair : celui d’organiser un Empire qui se doit de mener le peuple vers le salut. Il faut donner un consistance à l’Empire chrétien et donner des armes au clergé, le premier des « services publics ». Sa mission est fondamentale : encadrer le peuple chrétien, l’instruire et prier à son intention.

 

Charlemagne l’inventeur de l’école ? 

Centres d’études carolingiens, viiie et ixe siècles : en vert les écoles monastiques, en orange les écoles épiscopales | Wikimédia Commons

La capitulaire d’Aix-la-Chapelle de 789, l’Admonition générale, pose les bases de cette Renaissance. Au chapitre 72, Charlemagne exige des clercs et des moines qu’ils se distinguent par leur conduite et leurs propos.

Des écoles doivent en outre instruire les garçons dans tous les monastères et les évêchés : c’est le début de la légende de « Charlemagne qui a inventé l’école ». Mais il ne faut pas s’y tromper, les écoles doivent former un personnel religieux de qualité pour améliorer l’administration de l’Empire.

 

Les apports étrangers à la Renaissance carolingienne

Alcuin présente à Charlemagne les manuscrits écrits par ses moines. Peinture au plafond d’une salle de la galerie Campana du musée du Louvre | Wikimédia Commons

Cette politique culturelle se nourrit d’apports étrangers.

Paul Diacre arrive de Lombardie en 780. Ce moine bénédictin a été formé à la cour des comtes de Frioul et des rois lombards dans les canons de la culture antique : grammaire, droit et langue grecque. Il est l’auteur d’une Histoire des Lombards. À la demande de Charlemagne, il rédige une grammaire et un recueil d’homélies des Pères de l’Église. 

De tous les savants entourant Charlemagne, Alcuin est sûrement le plus célèbre. Originaire de York, c’est, pour Éginhard,  » l’homme le plus savant qui fut alors ». On lui connaît en effet 70 ouvrages et plus de 360 lettres. Après sa rencontre avec Charlemagne, il devient le directeur de son académie, installée dans le palais d’Aix-le-Chapelle : l’école palatine.

D’autres savants viennent du monde wisigothique, c’est-à-dire l’actuelle péninsule ibérique. Isidore de Séville

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